Je tiens à préciser que ce qui va suivre est une mise à l’écris de l’event que moi et quelque bons potes avons fait hier soir. (19.02.2021)
Aussi, les dialogues et le scénario ont vraiment eu lieu.
Gardez d’ailleurs en mémoire que je ne suis pas du tout habitué à l’écriture de récit, ce n’est que mon deuxième.
Bonne lecture à vous
Thomas était assoupi dans une petite maison abandonnée, particulièrement puante. Quand soudain il fut réveillé par un coup de pied dans ses cotes. Il s’agissait de Loyal, un homme au nom bizarre qui devait sûrement être un surnom, qu’il ne connaissait pas. Ce dernier avait certainement l’intention de le tuer pour récupérer sa part de la prime, mais Thomas a le cuir épais et il se réveilla simplement, toisant l’agresseur quelque secondes avant de sortir à la rencontre de son équipe.
Même si ils étaient de nouveau dans la Marche de l’Ouest, il n’avait pas les mêmes compagnons. Il y avait toujours son ami Arvel, l’elfe au fusil énorme avec qui il eût déjà partagé quelque aventures, mais il y avait aussi Britt Armada, une amie d’enfance de Thomas, et ce fameux Loyal, une sorte de sociopathe armé d’une épée luisant d’un éclat malsain, et d’une dague en bois.
Leur mission de cette nuit était tout ce qu’il y a de plus légal : Infiltrer un camp de prêtres et de paladins pour dérober un artefact, la « Main de Verilgar » et le donner à un commanditaire douteux leur ayant promis une généreuse récompense.
Sans même attendre les deux traînards, Britt et Arvel se remirent en route. La pause n’avait duré qu’une demi-heure, après toute une après midi de marche !
« Dépêchons-nous, fit Arvel. Le Bois de la Pénombre n’est plus très loin, plus vite nous seront arrivés, plus vite nous sortiront de cet endroit maudit »
Cela faisait bientôt deux décennies que le Bois de la Pénombre était affligé d’une malédiction étrange. Une brume planait au dessus des lieux, les plongeant dans une nuit sans lune. Personne n’aimait y aller, sauf l’Église manifestement.
Après seulement une ou deux minutes de marche rythmée par le jacassement des gnolls, des hyènes humanoïdes armées jusqu’aux dents pullulant dans la région, Arvel leur fit signe de s’arrêter. Fort d’une grande expérience issue de nombreuses chasses à l’homme, il vit quelque chose sur les autres ne virent pas.
Une forme.
Une forme qui s’avançait vers eux.
Il était presque évident qu’il s’agissait de gnolls mais rien n’était moins sur. Après quelque secondes d’attente, les mercenaires eurent la réponse qu’ils attendaient.
Il n’y avait pas un gnoll.
Il y en avait six !
Ils n’étaient même pas arrivés à destination que le combat commença. Cela dit ce n’était pas bien difficile. Thomas reçu un coup de poing dans le museau, mais son agresseur se fit charcuter sous les griffes et les crocs du worgen, aspergeant son propre visage du sang chaud de sa victime, tandis que les autres gnolls se firent mettre en pièces par balles, et boules de feu.
Une fois le combat fini, ils entendirent encore plus de bruit. Des gnolls encore, parés pour un deuxième service ! Mais ils étaient bien plus.
Il y en avait une dizaine.
Non, une vingtaine.
Attendez, une trentaine ?
Encore plus que ça. Les gnolls étaient presque une centaine entière, une force d’invasion prête à mettre un village à feu et à sang.
Mais ils traversèrent le groupe sans les attaquer, courant tous vers une même direction.
Et au milieu de tout ça, une petite fille blessée qui parvint à articuler.
« Ils fuient… Le monstre… aidez-moi… Je vous en prie… »
Puis elle s’évanouit.
« Prend la dans tes bras, Thomas. Qu’est ce qu’on en fait maintenant ? » fit Arvel en balayant de son regard les plaines de la Marche.
Thomas s’exécuta, soulevant sans efforts la fillette.
« On a qu’à la tuer ! » Loyal sorti immédiatement une pistole qu’il pointa sur le front de la petite fille. Arvel et Thomas lui jetèrent un regard noir.
« Fait ça, et ta tête roule sur le sol » menaça Thomas. « Cela dit, on ne peut pas l’emmener avec nous dans le Bois, c’est trop dangereux pour elle »
« Pourquoi pas ? De toute façon on a pas le temps de faire un détour, alors en route maintenant. » Fit Britt en haussant les épaules, pas très concernée.
Le groupe se remit en marches. Quelque menaces volèrent, mais se turent lorsque le groupe arriva à la frontière du Bois de la Pénombre. Un vent froid s’engouffra dans leurs vêtements, comme si les lieux mêmes ne voulaient pas d’eux. Ils eurent un instant d’arrêt, puis se remirent en marche, le temps de trois pas seulement. Ils aperçurent les bannières et oriflammes du camp de l’Église. Apparemment c’était ici que se trouvais l’objet que convoitait le commanditaire, car toujours selon lui, ils étaient sur la piste d’un démon appartenant à la race des Nathrezim.
Soufflant un bon coup, ils ne discutèrent même pas stratégie que Loyal s’avança vers le camp, feintant de boîter de la jambe gauche.
« Bonne idée, dit Thomas. Britt, prend ma dague et plante la moi dans l’ép-… »
Thomas n’eût même pas le temps de finir sa phrase que Britt s’exécuta. Avec un sadisme sortant d’on ne sait où, elle planta le poignard de Thomas dans son épaule et le tourna encore et encore. Couinant comme un chiot, Thomas se mit en marche vers le camp, la fillette toujours dans ses bras.
Devant le camp, il vit Loyal, agenouillé, réclamant de l’eau en se faisant passer pour un aventurier blessé. Thomas l’imita, et une prêtresse vint soigner sa plaie à l’épaule.
« Si vous ne nous aidez pas, sauvez au moins cette jeune fille… »
Les trois paladins de garde se regardèrent tours à tours, puis l’un d’eux appela Trasah Arrington, un traînard de la capital qui miraculeusement s’était trouvé une occupation. Il tendit la main à la fillette. Cette dernière tout juste réveillée prit la fuite et se réfugia derrière l’imposante carcasse de Thomas. Sans aucune pitié, Loyale prit la main de la jeune fille qu’il jeta sur Trasah, lui laissant la charge.
« Pourriez-vous nous laisser entrer ? » Fit Loyal.
« Mmmh, oui, mais c’est tout de même étrange, deux inconnus armés se présente devant nous, nous n’savons pas qui vous êtes. » hésita un certain Will, une sorte de colosse en armure. « Quels sont vos noms » ?
« Joseph Paveglio » fit Thomas.
S’inspirant de son compagnon d’infortune, Loyal préféra « Edwin Stampes »
« Bien, nous vous laisserons entrer si vous accomplissez une toute petite tâche. Nous ne sommes que trois de garde cette nuit et c’est trop dangereux de se séparer, mais nous manquons d’eau. Vous avez l’air robuste, allez au puits qui se trouve un peu plus au sud en suivant la route et rapportez-nous un seau d’eau, après quoi nous accèderons à votre requête. »
Les compagnons acquiescèrent. Thomas jeta un œil en arrière et vit Britt et Arvel se glisser dans les fourrés pour trouver quelque failles dans la sécurité du camp.
« Vraiment, aller chercher de l’eau, on est pas des fichus aventuriers de base. »
Thomas haussa les épaules. « J’espère au moins qu’on aura une prime de risque, ces bois nous veulent morts et enterrés. »
Une fois arrivés au puits, Loyal monta la garde pendant qu’en silence, Thomas plongea un seau dans l’eau. Cela dit, quelque chose n’allait pas.
Soudainement, trois goules, des créatures mortes-vivantes dont il ne restait presque plus de chair, sautèrent sur Thomas, qui se mit instantanément en posture de combat. De son côté, le sang de Loyal ne fit qu’un tour. Il prit de seau d’eau, et la fuite également, poursuivit par une des goules, laissant Thomas face à deux d’entre elles.
Mais leur fragilité était plus qu’apparente, et d’un grande baffe, Thomas mit les deux goules en morceaux, tâchant au passage sa tenue d’ichor, de bile, et d’autres matières gluantes ayant pour point commun de sentir affreusement mauvais. Il revint devant le camp de paladin, seau d’eau en main. Problème : Ses compagnons et les paladins étaient en pleine discussion, mais la méfiance des pieux avait surpassé leur raison.
« Vous connaissez la Main de Verilgar ? » fit Arvel.
« Quoi ? Oh, oui, bien sûr, c’est mon marteau. Est-il si célèbre ? » répondit joyeusement Will.
Dans un éclair de stupidité, Loyal sorti sa pistole en menaçant d’abattre un des chevaliers, le grand Will répondit en le mettant au sol. Mais la combativité de Loyal n’était pas, elle, à terre : il prit une planche de bois et la jeta sur Will qui l’arrêta d’une main.
« Je vais laisser passer pour cette fois mais je ne veux plus vous voir ! » hurla Will.
« Et pour le marteau ? »
« DÉGAGEZ ! »
Sous la menace de se faire écraser comme des insectes par l’armoire à glace, le groupe s’éloigna.
« Un instant, la fillette… » fit Britt
« Tu pense à ce que je pense ? » répondit Arvel.
« Elle a refusé d’être soigné, elle s’est même caché du paladin… Est-ce qu’on leur aurait livré… le Nathrezim ? »
« Attendez mais depuis quand y’a une histoire de Nathrezim ? J’suis même pas sur de savoir ce que c’est… » Fit Thomas, certainement dépassé par les événements comme… Très souvent.
Personne n’eût le temps de répondre que des cris retentirent du camp. Les compagnons furent paralysés, incapable de décider ce qu’il fallait faire. Puis, avec la plus grande des précautions, ils décidèrent de retourner au camp mais en se cachant derrière arbres et rochers. Ce qu’ils y virent était le plus macabre des spectacles qu’ils n’aient jamais vu. Des chevaliers morts encore en train d’être dévorés par un feu émeraude, des prêtres pendus aux bannières par leurs propres boyaux, et au milieu de tout ça…
Le Nathrezim.
Une créature humanoïde à la peau pâle mesurant au moins 3 ou 4 mètres de haut, équipée d’une armure noire, de grands sabots, d’une paire de cornes, et surtout d’une immense paire d’ailes capable de couvrir entièrement le corps déjà immense du démon. Ils jetaient des traits de magie noire aux chevaliers tentant de prendre la fuite.
Une fois le carnage terminé, le démon rétrécit, rétrécit encore, jusqu’à redevenir la petite fille que le groupe avait rencontré plus tôt, balayant de ses yeux le campement en ruines. Elle resta planté là, immobile, pendant que le groupe, enfin plutôt Arvel, Britt et Thomas puisque Loyal s’était caché plus loin, discutèrent du meilleur moyen de faire diversion, car bien qu’ils aient assisté à un cauchemar, ils avaient toujours un marteau à récupérer.
« On peut négocier avec un démon ? » fit Thomas.
« Tout dépend, si tu as une âme dans la poche… »
« Eh bien je peux lui proposer celle de Youkov. Si il a toujours une âme, elle est couverte de moisissure, et les démons adorent les machins dégoûtants. »
Youkov était le meilleur ennemi de Thomas, un quadragénaire vicieux qu’il ne pouvait supporter. Récemment, les deux adversaires s’étaient presque entretués dans un coin isôlé de la capitale.
Après de longues minutes de discussion, la fillete soupira et jeta son regard terrifiant en direction de la cachette des compagnons d’infortune, articulant d’une voix enfantine mêlée à la voix basse et puissante du démon, le pire des « Je vous vois. »
Les compagnons sortirent de leurs cachettes, sauf un : Thomas. Il se mit à quatres pattes et utilisa sa vélocité lupine pour s’engouffrer silencieusement dans les bois, à la rechercher d’une ouverture.
De là où il était, Thomas n’entendit rien de la conversation animée du démon et de ses compagnons, mis à part Arvel tentant de ne pas être tué en couvrant le nathrezim de surnoms tels que « mon seigneur » et autres joyeusetés. Et alors que le démon haussa le ton, Thomas finit par entendre « THOMAS, LE MARTEAU ! »
Dans la seconde qui suivit, Thomas se jeta sur le marteau, mais le cadavre du grand Will le tenait encore fermement, aussi le démon eu parfaitement le temps de le repérer et de le plaquer au sol avec sa magie. Loyal jeta sur le démon sa dague en bois censée renfermer un grand pouvoir, ou quelque chose du genre. Le démon n’eût aucun mal à la rattraper au vol, et la garda même dans sa mainpoussant un ricanement n’annonçant rien de bon pour nos aventuriers.
« Mais quelle naïveté… Dire que j’allais vous laisser repartir avec le marteau, car sans vous jamais je n’aurais pu approcher le campement. J’ai une dette envers vous, et je compte m’en acquitter. Prenez le marteau si ça vous chante. Mais je garde ceci » fit le démon en observant la dague, tout en libérant un Thomas complètement perdu.
Un démon qui honore ses dettes, c’est d’une rareté exceptionnelle, ils sont plutôt du genre à faire de fausses promesses et à tout cramer au moment de rendre la donne !
Thomas s’avança vers Britt, lui tendit le marteau, « Je ne veux plus jamais avoir ce fichu bout de métal entre les mains. »
Le groupe se prépara à repartir, encore sidérés, lorsque Loyal s’avança vers le démon.
En quelque phrases, Loyal essayait de convaincre le démon de se mettre à son service dans l’espoir qu’il lui rende la dague.
« Je veux la tête de l’évêque Caupin, car c’est lui qui a lancé ces incapables à ma poursuite. »
« Mais, j’ai besoin de ma dag-… »
« Dans trois jours. »
Voyant le démon disparaître dans les bois, Loyal fut désemparé et lorsque le groupe s’approcha de lui, il regarda tous ses compagnons uns à uns, adopta sa propre forme lupine, se mit à quatre pattes, et s’enfonça lui aussi dans les bois. Apparemment, il y avait un autre worgen dans la bande.
Le retour à Hurlevent était froid. Les seuls bruits qui rythmaient la marche était ceux des pas des trois compagnons restant qui marchèrent sans un mot.
Car à cause d’eux, un démon était dans la nature, et un des leur était sur le point d’assassiner un évêque.