Sus à l'Infâme [RP Forum]

[On a besoin pour le Donjon d’un Bourreau, d’un Botte-Gobelin, et d’un cuisinier. On a également besoin d’aventuriers assez bêt…hum…assez courageux pour tester les défenses du château.]

[Je vous explique le pitch de départ, c’est donc un donjon et dragon classique, les rand en moins pour partir à l’assaut d’une bâtisse maudite et en éliminer le patron. Vous pouvez incarner deux clans. Les aventuriers qui vont s’y aventurer, ou les acolytes de la sorcière caractérielle, qui vous prendra en audition professionnelle avant de vous engager. Pour le reste, vous êtes libres d’apporter votre pâte comme bon vous semble, j’espère voir si ça donnera quelque chose d’amusant]

Il existe dans la sombre contrée des Bois de la Pénombre, au sein d’un bois sombre, une sombre bâtisse dirigée par une toute aussi sombre propriétaire.
La terrible, la machiavélique, la dépressive Alicore Manticore, sorcière de son état bien décidée à pourrir la vie déjà bien misérable des habitants de la contrée pour son propre plaisir.

Retrouvons la sorcière Alicore dans son donjon dans la plus haute salle de la plus haute tour de son château planqué au détour d’une ravine dans les bois, face à la baie vitrée donnant sur Sombre Comté à quelques kilomètres de là.
Dans le bureau assombri éclairé par quelques cierges jetant une lueur rougeâtre sur les lieux l’acolyte de la proprio, une Liche bourrée du nom de Kel’Bazar s’envoie une flasque de rhum en s’appuyant sur son bâton orné d’une tête de mort.
-Hic…pa…patronne…qu’est ce qu’on fais ce soir? Gargouilla t’elle, le regard pas droit.
La sorcière rétorqua:
-Tu vois ces lueurs au loin Kel’Bazar? Je me suis installée dans cet endroit paisible, sombre et désertique pour avoir la paix, mais il reste une chose qui vient troubler cette paix que j’ai acquise si chèrement. Les habitants de cette trop lumineuse ville doivent périr, peu importe la manière.
Grincha t’elle de sa voix aigre du bout de ses lèvres noires.
-Ah? Fut la seule réponse intelligente de la Liche.
La seconde d’après il dut esquiver une boule de feu qui alla cramer un panneau de bois derrière lui, démarrant un incendie que des aides à tout faire Gobelins, visiblement rôdés à la manoeuvre vinrent éteindre avec des extincteurs.
-C’EST TON JOB ABRUTIE DE LICHE !!! Va prévenir les Chevaucheurs de Sangliers, et prend leur tête, va me détruire cette ville sur l’instant sinon…au fait comment ça se fait qu’une Liche puisse être saoule?
Kel’Bazar s’envoya une nouvelle gorgée de rhum et répondit laconiquement:
-Cherchez pas c’est magique patronne.

A l’Auberge de Sombre Comté une affiche de recherche était publiée avec la tête sinistre d’Alicore octroyant une récompense pour qui la mettrait hors d’état de nuire.
Les aventuriers sauront t’ils venir à bout de la sorcière aussi sadique que dépressive?

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Pendant ce temps à Sombre Comté, à l’Auberge du coin vivait la seule personne de cette ville décidée à la défendre contre la sorcière.
Le Commandant Althea Bouclenoire? Nan, elle est occupée à se faire belle pour un rencard.
Le curé local? Non plus, il rédige son mémoire sur les Papillons des Bois de la Pénombre.
Le Chef Grual? Il déteste les loups et demande à tous les aventuriers du coin de génocider les loups de ces bois qu’il puisse les servir à ses clients de l’auberge.
Non il s’agissait de Madame Eva, la seule personne lucide et même extralucide en ville.
Dans l’auberge elle s’était mise en dessous du panneau des primes à un bureau et elle patientait, attendant des aventuriers.
Un se présenta.
-B’jour m’dame est ce que vous avez du travail pour moi?
La voyante s’illumina, enfin quelqu’un allait signer pour éliminer le plus grand danger menaçant le Bois de la Pénombre.
-Oui mon brave, une prime de cent mille pièces d’or est offerte pour la tête d’une redoutable sorcière retranchée dans son donjon à trois jours de marche de la ville, elle fait pleuvoir les calamités sur la ville mais jamais personne ne…
-Trop compliqué, m’a l’air d’être un boss de raid vot’sorcière là. Z’avez pas quelque chose de plus simple? [Oui je donne parfois dans le méta-récit et autres procédés qui sortent du médias].
La voyante poussa un soupir, encore un échec. Elle saisit une autre affiche.
-Oui, allez me chercher un miroir sur cette goule.
-Oh chouette, j’adore tabasser des goules. A dans dix minutes m’dame.
Elle resta là à sa table, triste:
-J’ai l’impression d’être la seule dans cette ville à être au courant du danger. C’est désespérant.

-Boss, on fait quoi ? demanda Gruk

-Pour la centième fois, on attend ! hurla Gruk.

-Boss ! J’crois que le cochon est en train de mâchouiller mon pied !

Ça faisait bien plusieurs heures qu’ils attendaient sur leurs sangliers. Gruk de la cavalerie de Gruk restait figé sur sa monture qui commençait, elle aussi, à lui mordiller les pieds.
Gruk remplaçait Gruk qui avait frappé Gruk après qu’il lui ait volé sa hache, même si Gruk avait essayé de le défendre. En fait, tous les membres de l’escouade s’appelaient Gruk car la liche Kel’Bazar pensait que ça faciliterait les manœuvres. En plus, leur maîtresse ne devait pas se donner la peine de retenir leurs noms , elle dont le temps était si précieux !
La cavalerie réunissait toute la bêtise du monde. Ils étaient franchement idiots même pour des Orcs, même pour des péons !
Ils étaient sûrs d’une chose : personne ne voulait d’eux. Les pirates, l’armée, les murlocs ! Même le Marteau du Crépuscule les avait rejetés ! Sans la sorcière, ils mourraient de faim, de soif, de fatigue, de sommeil ou dans une bagarre.

Suivre les ordres de la sorcière était d’une importance capitale pour eux. Tant que l’ordre n’était pas renouvelé, ils allaient rester plantés là.

Les sangliers qu’ils montaient semblaient plus malins qu’eux. Il était difficile de dire si des sangliers guidaient des Orcs sur leur dos ou si des Orcs chevauchaient des sangliers de deux mètres au garrot !

Soudain, Gruk vit des ombres éclairées par la faible lueur d’une torche. Sûrement des Veilleurs dans leur quête futile de ramener la paix à Sombre-Comté !

-Boss…J’crois que j’ai vu des soldats passer. On peut les écrabouiller ?

-Pas question !

-Mais, boss !

-Gruk, c’est la centième fois que j’te dis qu’on bouge pas le daka d’ici tant qu’la liche se ramène pas ! Tu suis les ordres comme moi !

-Ok. Ok…Dites, boss,… insista Gruk.

-Quoi encore ?! demanda Gruk, exaspéré.

-Ca fait combien la centième fois ?

-Euh…J’crois que ça fait beaucoup. En tout cas, à la centième fois, y a la maîtresse qui crame des gars dans la tour ! La centième fois, ça doit vraiment faire beaucoup !

-Boss…On s’ennuie ferme ici ! hurla Gruk.

-Ouais, c’est vrai…soupira Gruk.

-Boss, j’crois que le sanglier a mangé ma jambe ! Je trouve plus ma jambe ! se plaignait Gruk.

La nuit allait être longue !

-Hips. Fut la seule réponse intelligente de Kel’bazar.
La Liche sur son propre Sanglier de Guerre ressassait ses merveilleuses années de service en Norfendre, avant que Kel’Thuzad n’aie la stupide lubie de condamner tout loisir venant du monde des vivants pour les rares morts-vivants en pratiquant encore.
Les alcooliques dans son genre s’étaient vus chasser du Fléau, et ça aurait pu être pire, la cour martiale avait déjà condamné pour moins grave que ça.
Mais le discours abrutissant des Orcs finit par lui taper sur les nerfs et il fila un coup de bâton sur le crâne du premier Gruk à portée, ne sachant pas lequel de ses multiples rejetons était le Gruk progéniteur de la couvée.
-Abrutis d’Orcs !!! Silence ! On va s’approcher en douce de ses humains et les trucider dans le dos avec courage ! Compris !
La Liche n’attendit pas la réponse de ses Orcs de main et donna un coup de talon à sa monture.
Sauf que Kel’Bazar avait oublié quelque chose.
Les Orcs ne dressent pas leurs montures. Les Orcs filent des baffes jusqu’a ce que les ordres rentrent dans la tête de leurs montures. Et le Sanglier compris le coup de talon comme un ordre de charger, il poussa un grognement féroce et fusa de ses courtes pattes à travers les bois droit sur les humains avec la Liche en train de hurler de terreur sur son dos.
-Mais comment on arrête cette salôp’rieeeee !!!
Gruk mit ses mains en porte-voix et répondit:
-Ça se conduit pas boss, on se contente de s’accrocher et on donne grosso modo la direction.
La Liche renversa la colonne de soldats par le milieu comme une boule de bowling dans un jeu de quilles.
-Qu’est ce que?..Un mort-vivant !!! Hurla un soldat.
-Soldats à vos armes on nous attaque !!! Beugla leur sergent.
Les soldats sonnés reprirent rapidement leurs esprits et se mirent en formation de défense, prêts à encaisser l’attaque, la Liche péniblement récita ses sortilèges avant que les épées ne s’abattent sur elle afin de se protéger et de se préparer à riposter.

La troupe regarda leur commandant avec des yeux de veau. Là, ils étaient un peu perdus. C’était bien la première fois que leur seigneur de guerre fonçait tête baissée au combat ! D’habitude, il se planquait derrière un mur de péons pour réciter des incantations pendant que les autres se prenaient tous les assauts en pleine face ! Mais il y avait plus étrange…Les liches, c’est pas censé flotter ? Pourquoi Kel’Bazar chevauchait un sanglier ?!

-Gruk ! Formation deuhba !

Tous les Orcs se mirent en cercle ce qui prit plusieurs bonnes minutes. D’une part pour éviter que les sangliers ne s’entre-dévorent et d’autre part parce qu’il leur fallut définir ce qu’était un cercle !
Maintenant qu’ils étaient en formation, ils allaient pouvoir discuter dans les règles de l’art ! Pour un Gruk, ça consistait à grogner plus fort que l’autre.

-Chef, la liche…elle a dit quoi ?
-Faut trucider les humains et les prendre en douce.
-En douce ? C’est quoi ça, une sauce ?! Quelqu’un a déjà mangé un humain en douce ?
-Tu me prends pour un Troll, Gruk ?!
-Qui sait avec les morts-vivants ?
-Pour la centième fois…
-LA FERME, CHEF !

Gruk, qui était moins bête que les autres, remarqua que le commandant était en proie aux Veilleurs qui avaient la fâcheuse manie de massacrer le moindre tas d’os ambulant !

-Gruk…J’crois que l’commandant s’en prend plein le daka, là ! Il a pas dit de truci-machin les peaux-roses ? Après, on verra si les goules peuvent les cuire en douce !

-Bien vu, Gruk ! Gruk ! Chaaaaaargez !

Le chef hurla comme seuls les Orcs savent faire ! Des nuées de corbeaux et de chauve-souris s’envolèrent, dérangés par les cris de cette horde d’idiots.
Ils éperonnèrent leurs bêtes et foncèrent dans la mêlée…Tout du moins, ils tentèrent ! N’ayant aucun contrôle sur leurs montures, les Orcs étaient baladés dans tous les sens. Gruk s’était écrasé sur un arbre tandis que Gruk se faisait éventrer par sa monture qui avait vraiment faim ! Certains allaient à gauche, d’autres à droite et par le plus grand des hasards, certains chargeaient les humains, gourdins en main.

-On arrive, commandant !!! LOKTAR QUE JAMAIS !

Chez les Veilleurs de la nuit il y’avait une mercenaire engagée en plus des soldats pour faire le boulot.
Rousseotte Rouge Scarlet, une voleuse obligée de faire des travaux d’intérêt général après sa sortie de prison qui avait été recrutée parmi les Veilleurs de la Nuit pour les aider à lutter contre les mort-vivants et les autres monstruosités de ces bois. Elle se planquait peureusement à l’arrière de la cohorte de soldats en maugréant tout bas.
-Punaise, je préférais la prison. Si je suis devenue voleuse, c’est pour ne jamais travailler de ma vie. Et puis c’est vachement dangereux comme coin.
Elle se plaignait tout le temps, jusqu’a ce que le sergent lui dise de la fermer.
Ce fut juste au moment ou il tournait la tête qu’un mort-vivant sur un sanglier de guerre percutait la colonne de soldats au milieu et que le chaos se déchaîna.
-HIIIRRKKK !!! UN MORT-VIVANT !!! Hurla stupidement la voleuse qui prit aussitôt la fuite pour aller se cacher derrière un arbre.
Mais elle tomba sur une deuxième mauvaise surprise, un bataillon d’Orcs chevaucheurs de Sangliers aussi bêtes qu’avide de sang qui chargeaient à leur tour.
Elle rebroussa chemin, talonnée par les brutes Orques, les amenant droit sur la colonne de soldats en formation qui protégeaient ceux au centre, en train de s’acharner sur le mort-vivant qui se protégeait derrière un bouclier de magie noire.
La boucherie commença, les Veilleurs de la nuit étaient des guerriers expérimentés et efficaces, lance en avant ils embrochèrent la première ligne de sangliers de guerre et leurs chevaucheurs. Mais ils étaient dépassés par la force brute de la cavalerie des Gruk.
La voleuse planquée derrière un nouvel arbre se rappela le modus operandi d’un bon voleur.
-Se planquer ! Déclara t’elle au narrateur.
-Non idiote !!! Isole le chef et tue le !
-Mais y se ressemblent tous, et en plus j’ai bien l’impression au vu des cris que comme les Gnolls ils aient tous le même nom que leur géniteur…lequel a peut être eu des dizaines de petits Orcs.
-Vas y, ou je change ton histoire et je te ramène à l’époque ou tu étais Pirate pour la Voile Sanglante à récurer les ponts des navires et a fuir les Pirates Worgens !!!
-Ok ok, c’est bon j’y vais.
La voleuse dégaina deux dagues courbes de bandit et sortit de sa cachette en garde. Elle fonça vers le premier Orc sortit de sa monture et qui lui tournait le dos. Elle lui planta d’un coup brutal une dague dans le dos, visant le coeur, puis sans se préoccuper de savoir si il était mort, elle passa au suivant. Un coup, un mort, pas de combat, elle se serait faite latter la tronche.
Elle posait une question à chaque Gruk qu’elle tuait.
-C’est toi le Gruk en chef?
-Dabu?

-C’est toi le Gruk en chef?
-Non.

C’est toi le Gruk en chef?
-Pôpa ! La madame elle veut te voir !

Cette attaque, ce n’était pas une bonne idée…
Une chaleur soudaine envahit le cerveau de Gruk. Une sensation étrange, presque agréable…Il avait l’impression d’avoir quelque chose dans la tête et ce petit quelque chose avait changé sa vision du monde.
Pour la première fois de sa vie, Gruk avait fait une remarque intelligente.
Cette idée ou plutôt, cette révélation, lui fit remarquer que sa grosse poigne écrasait le crâne d’un humain qu’il lança au loin comme un gosse jette un jouet qu’il n’aime pas. Partout autour de lui, les cadavres s’amoncelaient. Des dizaines de Gruk recouvraient l’herbe noire de la forêt, la teintant de vert et de rouge. Il n’y avait plus grand chose à faire : la liche finirait bien par les relever. On se débarrasse pas facilement des Gruk ! Au pire, Gruk le remplacerait !
Les Veilleurs empêchaient la retraite, les sangliers refusaient de reculer car le sang les excitait au point de…Ha non, Gruk n’avait jamais eu le contrôle de sa bête.
Après avoir broyé un autre soldat, Gruk entendit Gruk l’appeler. En tout cas, il l’avait appelé “Pôpa” et par les braies du caleçon de Saurcroc, aucun Gruk n’était appelé “Pôpa” à part lui, Gruk !
Il avança d’un pas lourd et disgracieux vers la voix qui s’acheva dans un gargouillement sous les coups de la voleuse.
D’une voix puissante (et tout aussi disgracieuse que sa marche), Gruk hurla :

-Ca, c’est vraiment pas…On peut tuer Gruk mais on tue pas quelqu’un qui appelle son papa ! Gruk, fils de Gruk, j’vais t’aplatir et te cuire en douce !

Sans politesse ni courtoisie, le guerrier orc chargea seul, son sanglier étant parti manger un cadavre.

-Hips ça…ça va brûler bande de râclures et de racailles d’humains !!! Cria la Liche saoule en projetant devant elles un cône de flammes pour repousser les Veilleurs. Sur son passage, et non il ne glissait pas sur l’air, les cadavres des Gruk se réveillaient, leurs yeux pétillant d’étincelles violettes, alors que la magie nécromantique de la Liche était à l’oeuvre. Néanmoins les Gruk morts-vivants étaient encore plus inutiles que vivants et relever un Orc c’était considéré comme malsain y compris par les Nécromancien, un bon Orc étant un Orc mort tout court même pour eux.
La Liche vit une voleuse aller à la rencontre d’un Gruk et de sa monture.
Pour une fois quelque chose d’intelligent perça le voile de son alcoolisme permanent.
-Hic…ret…retraite tout le monde !!! On rentre au Château Manticore ! Hips…la patronne, va pas être contente.
Il leva les mains au ciel, un pentacle vert apparu sous ses pieds et grandit pour englober toute la scène, mais seuls les Orcs furent illuminés de vert alors que la Liche incantait son sort.
-Par Skadouch la Liche à Babouches et Morlek le Troll Berserk entend mon appel cercle d’entre les mondes, rappelle tes serviteurs au donjon ! C’est parti !
Il claqua de ses doigts squelettiques, et immédiatement tous les Gruk furent téléportés dans la cour du château Manticore, une cour fermée sombre et étouffante avec des écuries pour les Sangliers de Guerre et des palefreniers morts-vivants attendant le retour des Chevaucheurs, une sinistre fumée verte s’élevait des soupirail de la cour.
La Liche commença à compter les Gruk.
-Un, deux, trois, quatre, cinq…on passe à l’autre main, un, deux, trois quatre…il manque Gruk…et Gruk. Et aussi Gruk. On a aussi perdu Muche? Dommage je l’aimais bien, mais…minute ou sont passés les Morts-viv’Orcs que j’ai ressuscités?
Cette idiote de Liche n’avait pas comprise dans le voyage les Gruk morts-vivants, qui étaient restés avec les Veilleurs.

Mais avant qu’il ne puisse reprendre sa diatribe, une voix aigrie et perçante de sorcière rugit depuis une fenêtre d’une tour du donjon.
-KEL’BAZAR !!! GRUK !!! AU PIED BANDE DE RATS !!!
La Liche serra les dents en entendant sa patronne hurler.
-Ouille…'fin bon, au moins on est encore en vie et on peut se saouler, c’est pas déjà ça Gruk?

Pendant ce temps, la voleuse se tenait assise en tailleur sur l’ancienne route, étonnée.
Les Orcs et la Liche avaient disparus, et ça c’était tant mieux.
Ce qui l’était moins par contre c’est qu’elle regardait droit dans les yeux un Orc mort-vivant à l’air absent, bête et affamé.
Avec un sourire vicieux la voleuse le poignarda plusieurs fois dans la poitrine de sa dague.
-Tiens! Prend ça ! Et ça ! Et ça ! Et ça !
Elle s’arrêta, en sueur, le Gruk continuais à la regarder d’un air stupide, de la bave aux crocs des dizaines de lacération sur le torse, et n’ayant pas l’air d’en souffrir le moins du monde.
Rousseotte fit alors la meilleure chose sur le moment.
Elle prit la fuite en hurlant pour retourner à Sombre Comté, réclamer la prime avant que les Veilleurs survivants ne reviennent et décamper de ses bois maudits pour de bon.
-HIIIII !!!

Alors qu’il pensait frapper la voleuse, Gruk se retrouva en plein milieu du château de la sorcière ! Son gourdin rencontra le crâne de Gruk qui s’écrasa au sol. Il était peut-être temps de faire une petite pause…

-Gruk ! Torchez-vous le daka et parquez les p’tits cochons dans le trou d’crottes ! Pas oublier de manger et de dormir ! Soupe de cailloux pour tout le monde !

Tous les péons hurlèrent en coeur :

-Victoire à Gruk ! Pour la sorcière !

Oui, on pouvait dire que c’était une victoire ! Personne n’était réellement mort, tous les sangliers étaient revenus sans dévorer les survivants et mieux encore, la liche était parvenue à les téléporter au bon endroit ! Une fois, elle avait été tellement ivre qu’elle les avait tous déplacés dans la salle de bain de la sorcière…En pleine invocation dans sa baignoire ! Trois Gruk furent tués par des canards en plastique géants ce jour-là.

Le Gruk en chef s’approcha de la liche qui comptait les Orcs filant chercher du grog ou de la soupe de cailloux. Gruk put entendre Kel’Bazar parler de Muche et il ne put s’empêcher de faire un commentaire :

-Ouais, Gruk Muche avait quelque chose en plus…Un truc après Gruk, j’crois ! On s’en est plutôt bien sortis, bo…

Le chef orc arrêta de grogner quand il entendit la patronne pousser des cris d’orfraie du haut de sa sombre tour. Ça n’annonçait rien de bon !

-Boss, vous croyez qu’elle va nous tuer, cette fois ? A la centième, elle est vachement en pétard !

-Nan Gruk…enfin j’espère, mourir une fois ce n’est pas très agréable, alors deux fois…
Ce n’est pas avec plaisir que les deux larrons se mirent en route pour le bureau de la patronne, il faut dire qu’il y’avait une sacrée trotte, et s’ils n’avaient rien à craindre de la moitié des monstres du donjon (l’autre moitié étant dangereuse y compris pour la patronne) il y’avait les pièges sur le chemin.
Heureusement Kel’Bazar en tant qu’acolyte diplômé du BEAST (Brevet Elementaire d’Acolyte de Sorcier Teigneux) était au courant de la disposition de tous les pièges et les monstres du donjon, alors il passa devant Gruk pour désactiver les pièges.
-Pousser cette torche pour désactiver les armures maudites. Fait.
-Contourner le tapis pour pas tomber dans la fosse à Hurans…ça sent mauvais, faudra leur dire de nettoyer.
-Sur le dallage de la salle des armes ne marcher que sur les dalles blanches, les noires font pleuvoir des javelots sur leur position.
-Ne pas courir après l’appât à aventurier…bouge pas Gruk.
Il retint l’Orc quand devant eux dans le couloir sombre, d’une trappe surgit un Gobelin habillé d’un costume de Renard comme pour une chasse à courre et qui prit une bifurcation que Kel’Bazar savait mener droit dans la gueule d’un Gangrechien gigantesque, le Gobelin serait son repas du midi.
Enfin ils arrivèrent devant le bureau d’Alicore au sommet de la plus haute tour. Kel’Bazar était nerveux, pour une fois il regretta de ne pas avoir l’esprit si simple de Gruk. Il toqua:
-ENTREEEEZZZ !!! Rugit la sorcière de sa voix aigre faisant mal aux tympans nécrosés de la Liche.
-Oui Patronne. Gémit t’il.

La Sorcière les attendait nonchalamment assise à son bureau, en train de tricoter, une vision étonnement charmante, si on oubliait une seconde qu’Alicore ne tricotait pas un pull, mais une corde de pendu.
-Vous avez échoué à attaquer la ville, une pauvre patrouille d’humains des Veilleurs vous a forcés à rentrer la queue entre les jambes.
Kel’Bazar voulut se justifier, mais Alicore tendit le doigt vers lui, et avec un pouf sonore il fut changé en un ravissant caniche mort-vivant qui glapit de terreur.
Avant que Gruk ai pu se moquer de la pauvre Liche il subit le même sort, changé en un petit porcelet d’un délicat vert pomme.
Alicore se leva et prit son bâton au sommet en forme de crane humain et fit les cents pas dans son bureau.
-Taisez vous maintenant les abrutis ou j’appelle un Gobelin et vous serez son quatre heures. Et on a des tas et des tas de Gobelins à nourrir…je comprend maintenant pourquoi leur vendeur disait “Un Gobelin acheté, une centaine offerte” ils se reproduisent trop vite. Vous avez lamentablement échoué dans votre tâche mais je vais vous donner une deuxième chance. La dernière, après quoi, vous servirez de repas aux tribus Gobelins du château.
Elle tendit le doigt vers le caniche mort-vivant peureusement planqué sous une commode du bureau.
-Toi ! Kel Bazar, tu vas aller à l’entrée du château dans le bureau de recrûtement, tu as pour tâche de recruter de nouveaux monstres pour le château. Nous avons grandement besoin d’un nouveau bourreau, d’un cuisinier, et d’un Botte-Gobelin, ils commencent à me faire trop de cochonneries ces Gobs il me faut quelqu’un pour leur inculquer la discipline et réguler leur nombre.

Elle passa au porcelet vert.
-Toi Gruk tu vas aller en ville et recruter des aventuriers pour tester les défenses du donjon. Tâche de prendre les plus bêtes, les plus inutiles, les plus incompétents des aventuriers qu’ils soient tout juste assez durs pour une évaluation correcte des défenses, et assez tendres pour nourrir les autres Gruk. A l’Intendance on te fourniras un déguisement enchanté, que tu puisses te mêler aux humains sans éveiller leur méfiance. Hors de mon bureau misérables !!! J’ai à faire.

Kel’Bazar et Gruk reprirent leur apparence et sortirent du bureau.
Avant que la porte se referme sur eux, on eu le temps de voir Alicore monter sur son bureau passer sa corde de pendu qu’elle tricotait par dessus une poutre et la passer à son cou.
La Liche poussa un soupir de soulagement.
-Ouf…ça aurait pu être pire.

-Ouais, j’pense qu’on est encore vivant ! 'Fin, vous tenez d’bout quoi, boss !

Gruk avait un peu de mal à se remettre de sa transformation. Il était resté sur place au contraire de la liche ! Il s’était senti…naturel ! Les druides devaient ressentir quelque chose de similaire quand ils endossaient la forme de bêtes sauvages. Il fut si bien sous sa forme de cochon qu’il avait à peine écouté ce qu’avait dit la sorcière ! De toute manière, il avait à peine compris le peu de choses qu’il avait entendu.

-Dites, seigneur de guerre…La patronne a dit plusieurs fois Gruk mais j’ai pas trop pigé ce que j’dois faire ! Faut qu’j’aille chez les Zumains, c’est ça ? Pas trop compris pourquoi elle parlait des défenses…Je les ai brossées, y a trois ans !

Gruk montra les doigts de ses grosses mains.

-Z’avez vu ? Trois !

Gruk regardait longuement son chef pendant que des araignées tissaient des toiles sur les deux compères. Cette discussion était longue !

-Hips. Fut la seule et unique réponse de la liche à babouche saoûle avant de se secouer pour se débarrasser des toiles d’araignées.
Kel’bazar était trop feignant pour aller de suite retourner au boulot pour l’horrible Alicore.
-Et…et si on allait s’en jeter une 'tite à la taverne du donjon?
Demanda t’il à Gruk, pas qu’il considère l’Orc comme un ami en quoique ce soit mais ça lui donnait une raison pour s’adonner à son vice plutôt qu’a bosser malhonnêtement.

(Je sais pas pourquoi je réponds après autant de temps. J’avais quand même bien rigolé au début de ce Rp avorté)

Le pauvre Gruk avait attendu pendant longtemps, si longtemps que trois générations d’araignées se tenaient sur la même toile, pendant sur de longs fils comme autant de branches d’un arbre généalogique. Cette charmante réunion de famille fut balayée par une grosse main sale qui ne manqua pas d’étaler les viscères de la smala sur tout le visage de l’Orc.

Gruk s’était attendu à plus qu’à un simple hoquet ! Il était si fier de ses défenses ! Enfin, il ne fallait pas attendre grand chose d’une liche avec des babouches. Tiens, il allait faire la même chose que son patron ! Répondre avec autant de désinvolture !

-Beurk !

Un simple renvoi. C’était toujours plus intelligent que ce qu’il disait d’habitude !

Dans un obscur tunnel sous le château se tenait un Orc devant une porte de chêne lourdement blindée mais qui n’étouffait pas totalement la musique provenant de derrière, l’entrée interne de la Taverne du Rat Cornu, le seul établissement de boisson toléré dans le donjon par la Sorcière pour question de revenus.
Ben oui, parfois le pillage ça suffisait pas à entretenir les troupes il fallait des revenus plus réguliers.
Notre Orc était donc un Orc noir vêtu d’une lourde armure de plaques d’acier rouge couverts de pointes cruelles et il se tenait dressé sur le pommeau de sa hache dont l’énorme fer trainait au sol entre ses deux bottines ferrées.
Il gronda entre ses crocs en voyant arriver les deux gros nazes qu’étaient Kel’Bazar et Gruk et les houspilla laconiquement.
-Vous foûtre l’camp. Mokr pas laisser boire Liche saoule et Gruk incompétent.